COMMUNIQUÉ DE PRESSE | Les appellations viticoles présentent à Strasbourg leur vision d’une réforme du système des Indications Géographiques

         

Strasbourg, le 5 juillet 2022.

EFOW (la Fédération européenne des vins d’origine) et DWV (l’Association des vignerons allemands) ainsi que les députés européens Paolo De Castro (S&D), Alvaro Amaro (PPE), Irène Tolleret (RE), Adrian Vazquez Lazara (RE) et Claude Gruffat (Verts) ont organisé un séminaire à Strasbourg pour échanger sur la révision de la politique des Indications Géographiques (IG). À cette occasion, les experts d’Arcadia International ont présenté une étude menée pour le compte d’EFOW et du DWV sur la durabilité dans les appellations viticoles (annexes).

Les appellations viticoles de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie et du Portugal étaient représentées à Strasbourg par les appellations Alsace, Asti, Baden, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Conegliano Valdobbiadene, Cognac, Douro, Franciacorta, Mittelrhein, Mosel, Prosecco, Pfalz, Port, Rheinhessen, Rías Baixas, Rioja, Vinos de Madrid, Vino Nobile di Montepulciano, Vins doux naturels du Roussillon, Sachsen et Württemberg. Elles ont pu présenter aux députés européens les succès et les défis auquel fait face le système des appellations viticoles.

Les experts d’Arcadia International ont exposé les conclusions de l’étude sur les initiatives pour améliorer la durabilité entreprise par les appellations viticoles en France, en Allemagne, en Italie, au Portugal et en Espagne. L’étude met en lumière la multitude d’initiatives entreprises par les producteurs de vins d’appellation et identifie des pistes de travail et des recommandations pour renforcer cette dynamique. L’étude souligne que les appellations viticoles sont en première ligne de la transition écologique car leur production est ancrée dans des zones spécifiques et elles ne peuvent pas se délocaliser. De plus, elle souligne que les organismes de gestion des appellations viticoles ont un rôle important à jouer en termes de durabilité. De par leur pertinence économique, leur approche collective et leur présence sur le territoire, ces groupements devraient être considérés par les autorités publiques comme des partenaires stratégiques, être impliqués dans la conception et la mise en œuvre des actions politiques en matière de durabilité et utilisés comme leviers pour favoriser les changements.  

En raison de la publication fin mars de la proposition de la CE sur la révision de la politique des IG, la gestion du système des IG et les spécificités du secteur vitivinicole ont également été au cœur des débats entre le secteur et les députés européens.

Le Président d’EFOW, M. Bernard Farges, explique : « Nos produits locaux sont devenus des symboles de la qualité et du savoir-faire alimentaire européen sur la scène mondiale. L’objectif de cette nouvelle réforme doit être de renforcer le système des appellations, et non de l’affaiblir. Pour ce faire, les appellations ne doivent pas être considérées comme un simple droit de propriété intellectuelle et la politique de qualité de l’UE comme la simple protection du nom d’un produit. Il faut rappeler que ce système fait partie intégrante de la politique agricole européenne. Les IG permettent de créer de la valeur, d’assurer une meilleure rémunération des producteurs et de contribuer largement au développement rural des territoires européens. La Commission européenne, et plus particulièrement la DG Agriculture, doit rester au cœur de la gestion de nos cahiers des charges. Pour lui permettre de mieux travailler et de remplir cette mission, nous devons réfléchir aux moyens de réduire sa charge de travail. Cela est possible en introduisant plus de subsidiarité dans la gestion des cahiers des charges« .

Le président de DWV, M. Klaus Schneider, souligne : « L’UE est aujourd’hui le premier producteur mondial de vin. Contrairement à d’autres secteurs, le secteur vitivinicole européen est composé en majorité de produits sous IG. Sans appellations viticoles, on peut dire qu’il n’y a pas de viticulture européenne. Les règles et spécificités du secteur vitivinicole sont définies dans un règlement, celui de l’organisation commune de marché. Il s’agit de dispositions relatives à l’étiquetage, aux mesures de marché, aux règles de concurrence, aux autorisations de plantation de vignes, aux pratiques œnologiques, aux mentions traditionnelles. C’est pourquoi il est essentiel pour nous que les règles relatives aux IG viticoles ne soient pas détachées de la PAC, car cela complexifierait le système. En outre, avec une telle séparation des règles, il n’y aura plus à l’avenir de réforme parallèle de la viticulture et de sa politique IG, ce qui s’est avéré très utile jusqu’à présent. »